
Entrée de François Fillon dans la salle Guy Gambu, sous les applaudissements.
Jeudi dernier se tenait à Saint-Marcel un meeting de l’UMP. Bruno Le Maire, Antoine Rufenacht (ancien maire du Havre) et Hervé Morin étaient également présents, même si seul le ministre de l’agriculture s’est exprimé au micro. Ce dernier et François Fillon ont surtout parlé de François Hollande et des socialistes. Le premier ministre a également vanté le bilan du président sortant, parlant de sa « détermination » et de sa « carrure de chef d’Etat ».
Les militants de l’UMP étaient venus nombreux à la salle Guy Gambu : environ 800 personnes1. La moyenne d’âge était relativement élevée, avec une proportion importante de personnes agées. On comptait très peu de gens ayant moins de 35 ans, à l’exception d’une douzaine de jeunes savamment disposés pour accueillir le premier ministre.
C’est Bruno Le Maire qui a introduit François Fillon. Il a exhorté les militants à « un dernier élan vers la victoire ». Il a également émis, brièvement, des propositions à destination des agriculteurs, propositions dirigées contre les producteurs extra-européens.
Enfin, il a longuement brocardé le parti socialiste et son candidat :
Ils n’ont qu’un seul mot d’ordre : tous contre Sarkozy, tous contre le gouvernement, tous contre les réformes courageuses [...] On devient président pour un projet et pour la France. [...] Hollande défend une clientèle et pas la France.
[...]
Ce qui nous rassemble c’est une certaine France, la France que nous aimons, où celui qui travaille sait qu’il sera toujours mieux payé que celui qui ne travaille pas.
[...]
Nicolas Sarkozy est le seul qui permettra à la France de ne pas sombrer dans la faillite. Notre projet est le seul qui peut convaincre les Français, et conduire la France à bon port.
François Fillon a remercié pour son accueil Gérard Volpatti, le maire de Saint-Marcel. Il a décrit Bruno Le Maire comme un « grand ministre de l’agriculture ». Surtout, il a parlé à Hervé Morin et au Nouveau Centre : « Sa place est très importante, je veux lui dire combien son engagement et celui de sa famille politique sont précieux ».
Il a rappelé à l’assemblée qu’ils étaient là « pour faire gagner Nicolas Sarkozy », et qu’il restait dix jours « pour faire triompher la France que nous aimons ». Il a ensuite dit comprendre là gêne de parlementaires de l’UMP à propos de certaines réformes du quinquennat, tout en défendant son bilan et celui du président sortant :
Je sais qu’il est parfois plus facile de s’enthousiasmer pour un texte [de loi] à l’Assemblée Nationale que sur les marchés. Les critiques sont parfois difficiles à supporter.
[...]
Nous avons résisté à la pression, personne ne peut nous accuser d’avoir manqué de courage. Nous nous n’avons pas vendu du rêve aux Français.
Mais François Fillon s’est surtout consacré à critiquer le programme du candidat socialiste, et le parti socialiste lui-même. Il a également expliqué en détails pourquoi le parti socialiste serait forcé d’appliquer le programme présenté par l’UMP, sous peine de voir le pays s’effondrer. Une phrase était destinée tout particulièrement aux militants de l’UMP présents : « Hollande, ça sent l’impot à plein nez, en particulier pour les classes moyennes ».
Enfin, le premier ministre a conclu son discours par une longue tirade consacrée à « l’unité nationale » et à l’intégration. Parlant des moeurs des étrangers, supposés contraires au « pacte républicain », il en est arrivé à dire son opinion concernant le vote des étrangers aux élections locales :
Nous sommes une nation d’intégration. Et l’intégration signifie que celui qui vient légalement en France adopte la France, et, dès lors, la France l’adopte comme l’un des siens. Je suis hostile au vote des étrangers aux élections locales car la citoyenneté ne se découpe pas en tranches !

Pendant le discours de François Fillon.
Le dernier passage de son discours fut de loin le plus applaudi par les militants. L’ambiance était sinon relativement plate, même si Bruno Le Maire avait réussi à faire huer bruyamment François Hollande, et si les entrées et sorties des deux responsables de l’UMP se firent sous les applaudissmeent et l’agitation de nombreux drapeaux français. Même la Marseillaise finale ne fut que modérément entonnée par le public.
Le meeting peut être qualifié de succès, car l’UMP a visiblement réussi à mobiliser ses militants. Mais pas de triomphe, parce que seules les compétences des cadres du parti en manière de communication ont permis à celui-ci d’être animé.
Aller plus loin :
Discours intégral de François Fillon : Réunion publique – Saint-Marcel (Eure) – François Fillon
Trois autres articles sont parus au sujet de ce meeting de campagne du premier ministre, dans la presse locale comme nationale. Ils sont tous trois très différents, entre eux et par rapport à celui que vous venez de lire :
- Article, avec sa vidéo, de Caméra Diagonale : Eure, l’UMP autour de François Fillon
- Article paru dans Paris Normandie : Fillon mène la charge à Vernon. Le journal a également publié un diaporama.
- Article paru dans 20 Minutes : Fillon réaffirme que la France serait « la proie des marchés » en cas de victoire d’Hollande
- Et non 1000 personnes comme l’ont annoncé sur Twitter Sébastien Lecornu et Bruno Le Maire. La salle Guy Gambu compte 707 places assises, et une petite centaine de personnes étaient debout. [↩]
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