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Bernard Touchagues lance sa campagne pour les municipales de 2014

 

Bernard Touchagues lors de la conférence de presse.

 

La semaine dernière, Bernard Touchagues, conseiller municipal de Vernon élu depuis 1995, auparavant membre du Front National, maintenant membre du Parti de la France, présentait sa nouvelle association.

 

Créée en vue des municipales de 2014, “L’union pour Vernon” se veut apolitique, à l’instar du Vernon Réussite/Vernon Tous Ensemble de Jean-Luc Miraux, même si Bernard Touchagues s’est défendu d’avoir une démarche similaire, et décrivait le groupe de l’ancien maire comme “Vernon Seulement”.

 

Le maintenant candidat aux municipales a expliqué sa vision pour Vernon et les Vernonnais, et pourquoi il était, de son point de vue, le meilleur candidat pour la mairie. Bernard Touchagues a parlé d’une “gestion ambitieuse et ouverte” qui fasse “retrouver à Vernon son attrait”. Et a précisé son idéal : “d’une ville qui est aujourd’hui la ville de banlieue la plus éloignée de Paris, nous voulons refaire une ville de province qui soit la plus proche de Paris”.

 

 

Sommaire :

  1. La candidature de “l’expérience” et de la “clairvoyance”
  2. La “nécessaire dépolitisation” des décisions locales
  3. Une “marque Touchagues” à Vernon malgré son départ du Front National ?
  4. Les grands dossiers de Vernon selon le candidat

 

 

 


 

La candidature de “l’expérience” et de la “clairvoyance”

 

Parmi la droite vernonnaise, deux candidats se sont déjà déclarés, plus de deux ans avant l’échéance : Jean-Luc Miraux, l’ancien maire de Vernon, ainsi que Sébastien Lecornu pour l’UMP. Cela a poussé Bernard Touchagues à lancer sa campagne très tôt également. Selon lui, pour le moment, “on a l’impression d’avoir à faire à des querelles de personnes plus que du souci de bien gérer Vernon”.

 

La première raison de sa candidature ? Le candidat et son groupe “ne veulent plus d’une nouvelle expérience qui implique Monsieur Nguyen Thanh et les membres de son équipe”. Il a alors pointé chez l’actuelle majorité l’augmentation des impôts locaux en 2009, une gestion “partisane” et “au jour le jour” de la ville, ainsi qu’une “capacité inexistante à améliorer le présent et l’avenir des Vernonnais”.

 

Il a également éreinté la mandature de Jean-Luc Miraux, expérience qu’il a qualifiée d’échec. Quant à la défaite en 2008 de l’ancien maire, il l’a estimée comme dûe à “des concessions de plus en plus nombreuses faites à son opposition de gauche”.

 

Bernard Touchagues, pour prouver tant son “expérience” que sa “clairvoyance”, a donné trois exemples de “bon choix” qui auraient pu être faits ces quinze dernières années : il a été le seul élu à s’opposer “dès le départ” à la fusion entre les hôpitaux de Vernon et d’Evreux ; il s’est opposé à la création de la CAPE sous sa forme actuelle1 ; il est le seul à avoir voté contre le réaménagement de la rue d’Albuféra (le groupe Vernon Réussite s’était abstenu).

 

 

 


 

La “nécessaire dépolitisation” des décisions locales

 

Ce fut l’un des grands thèmes de sa conférence de presse : Bernard Touchagues ne veut pas d’une campagne “politisée et politicienne”, de la part des candidats de droite comme de gauche. C’est la raison pour laquelle il se dit “insatisfait” par la candidature de Sébastien Lecornu. Pour le conseiller municipal, “une ville se gère sur des principes de bon sens, pas des principes idéologiques”2.

 

Pour sa liste et son groupe, Bernard Touchagues a voulu que chacun “amène ses compétences, son savoir-faire, son expérience de la vie collective”. Et a ajouté, à l’égard de la liste d’union de la gauche de 2008 : “Nous ne nous apprêtons pas à gagner les élections mais à gérer une ville, faisons les choses dans le bon ordre.”

 

Par apolitisme, le candidat ne demande pas à ses soutiens “d’enlever leur étiquette”, mais de “prendre des décisions basées sur les besoins concrets de Vernon et non sur des positions nationales”3. Si ses idées personnelles “restent telles quelles”, Bernard Touchagues n’hésite pas à faire son mea culpa :

J’ai de plus en plus pris conscience de la nécessité de dépolitiser la gestion municipale, notamment pour aller plus vite sur les gros dossiers. Il faut oublier les étiquettes politiques autour de la table. J’ai ainsi pu dire au maire socialiste que j’attendais mieux de lui ! Notre démarche est dans cet esprit, et ce sera une discipline à respecter. Je n’ai plus envie d’endosser ce costume du politique, seule la municipalité vernonnaise m’importe.

 

Dans la continuité de cette démarche, la campagne de Bernard Touchagues se tiendra ainsi à l’écart du Parti de la France et de Carl Lang. Aucun lien formel entre son parti et sa liste aux municipales, donc, même si on pouvait constater la présence à la conférence de presse (et dans l’association) d’Isabelle Pinoche, qui était la suppléante de Carl Lang lors de sa candidature aux dernières élections législatives.

 

 

 


 

Une “marque Touchagues” à Vernon malgré son départ du Front National ?

 

Bernard Touchagues et une partie de sa future liste, “L’Union Pour Vernon”.

 

La grande inconnue de ces élections municipales, pour Bernard Touchagues, repose sur l’absence de soutien du Front National, qui l’a exclu, et qui devrait présenter sa propre liste, si l’on en croit ce que déclarait il y a quelques mois Jean-Michel Dubois, le candidat FN aux législatives dans la cinquième circonscription.

 

Pour le candidat, ce n’est pas un problème. D’abord parce que “c’est la base qui s’est déclarée” auprès de lui après ses déclarations lors des élections législatives. Sans aller chercher des colistiers donc, Bernard Touchagues affirme avoir déjà “pratiquement” trouvé les 37 membres de sa future liste.

 

Ensuite, parce que selon le conseiller municipal, qui cite Georges Frêche comme exemple, “l’implantation locale et la reconnaissance font que l’étiquette politique disparaît”. Ainsi, il “ne doute pas” que ceux qui avaient voté pour le Bernard Touchagues membre du FN aux dernières élections municipales voteront encore pour lui cette fois-ci.

 

Lors des élections présidentielles, le candidat n’avait alors pas fait mystère de sa volonté d’union avec une autre liste de droite avant même le premier tour des municipales, maintenant que l’étiquette Front National, sulfureuse politiquement, ne lui était plus attachée. Cette option a manifestement fait long feu, comme il l’a confirmé la semaine dernière.

 

Mais Bernard Touchagues n’a pas pour autant renoncé à une alliance : il appelle ainsi les militants de Vernon Réussite et de Générations Vernon à faire changer d’avis leurs dirigeants, afin que ces derniers soient “aussi intelligents que leurs bases”. Et il rappelle que sa liste pourra être ouverte “le cas échéant” entre les deux tours, son ambition étant d’arriver “en tête” à droite au soir du premier tour.

 

En qui concerne sa campagne proprement dite, le candidat n’a pas voulu dévoiler de chronologie. Il a promis qu’il ferait une campagne à la fois “classique, près des Vernonnais”, mais aussi “moderne, maîtrisant les moyens technologiques à notre portée”. Il y aura également, selon lui, “des initiatives originales”, ainsi qu’une probable permanence lors des mois précédant l’élection4. En attendant, son groupe se réunira régulièrement “pour [se] former à la gestion de la ville et travailler en profondeur chacun des grands dossiers”.

 

 

 


 

Les grands dossiers de Vernon selon le candidat

 

La CAPE, dont Bernard Touchagues estime que le mode de désignation indirecte (comme toutes les communautés d’agglomération de France) est une “anomalie de démocratie” :

Il faut faire évoluer le périmètre et les statuts de la CAPE, ce qui va devenir possible, maintenant qu’on arrive à la fin de la période de 10 ans après la création de la communauté d’agglomération, où tout était gelé.

 

Les grandes friches de Vernon et de l’environnement vernonnais : si le candidat n’a pas été plus précis lors de sa conférence de presse, il m’avait, il y a quelques mois, parlé au sujet de la friche de la fonderie. Il voulait y faire une réserve foncière, sous la forme éventuelle d’un parc, qui permette plus tard d’ajouter un second pont au paysage vernonnnais

 

Le centre-ville :

Il doit être un centre de vie. On sait malheureusement à 99 % qu’il y aura un Village de Marques à proximité dans quelques années. Je dis malheureusement, parce qu’on ne s’y est pas préparé. Je demande au maire depuis plusieurs conseils municipaux de réunir des commissions pour qu’on y travaille. On nous vend les milliers de visiteurs pour Vernon, mais ils viendront comment, avec quels commerces, quels restaurants et quelles capacités d’accueil pour les hôtels ?

 

Le sens unique de la nouvelle rue d’Albuféra :

Cette rue est comme le poteau contre lequel chaque maire va pisser pour laisser sa trace. Cette rue a été mal faite, et il faudra la refaire à moindre coût. Mais il faudra d’abord avoir une vision claire du centre-ville. Aujourd’hui, on a des travaux ponctuels. Ils conduisent vers quoi ? Je ne suis pas contre des secteurs piétons ou des pistes cyclables, mais faisons-le correctement.

 

La Seine et ses berges :

On ne nous parle que des rives, je voudrais que l’on réfléchisse à l’ensemble de la Seine, pour créer une attractivité pour les gens qui vivent au-delà de Vernon. Cela signifie impliquer les restaurateurs, les hôteliers, les sociétés de tourisme, les Vernonnais évidemment, l’ensemble des personnes concernées et pas que la mairie et un cabinet de Pau ou de Montpellier. Là, on serait vraiment dans une démocratie participative, en amont.

 

Gérer l’après-ANRU (aux Boutardes et aux Fagets) :

Les quartiers Nord, ce seront à terme 50 % des Vernonnais, or ils sont très dépendants du centre-ville. Il faut leur donner les moyens de vivre sur place, d’avoir des commerces, d’entraîner une vie de quartier.

 

Le passage au cadencement de la ligne Paris-Rouen :

En une nuit, Vernon s’est éloignée de quinze minutes de Paris [NdA : une dizaine en fait]. Les migrants quotidiens vivent des contraintes lourdes, il ne s’agit pas de ne pas s’y intéresser.

 

On notera l’absence remarquable de ces grands dossiers de la question du logement social, et plus largemement de l’action sociale de la ville de Vernon. Il est vrai que lors des conseils municipaux, le candidat s’oppose le plus souvent aux décisions et propositions qui concernent ces sujets.

 

 

 


 

Aller plus loin

 

Municipales 2014 : Bernard Touchagues cherche (toujours) l’union (22 juillet 2013)

 

Article et vidéo de la conférence de presse sur Caméra Diagonale : Vernon, Bernard Touchagues annonce sa candidature

 

L’Union Pour Vernon dispose depuis quelques jours d’un site internet (pas encore actif) et d’un compte Twitter. Pour le rejoindre, Bernard Touchagues propose de le contacter par courriel à l’adresse UPV2014@gmail.com, ou par courrier à la mairie de Vernon.

 

 

  1. Et rappelle que cette construction “politique” et non territoriale, détachée du “bassin de vie vernonnais”, a entraîné le chaos lors du changement de majorité à la mairie de Vernon. []
  2. Pour prouver ses dires, et sa gestion future, il a parlé de l’association qu’il avait créée en 1993, “Vernonnet cadre de vie”. Il l’a présidée pendant six ans, avec, en 1995, un vice-président conseiller municipal socialiste, et un trésorier conseiller municipal RPR. Il a estimé que “ce petit exemple de vie de quartier apolitique, c’est ce qu’il faut demain à Vernon”. []
  3. Une argumentation extrêmement proche de celle de Jean-Luc Miraux avec les membres de Vernon Réussite, par ailleurs. []
  4. Il en a profité pour critiquer la permanence de Jean-Luc Miraux, selon lui déraisonnable en termes de coûts, et les conférences de Générations Vernon, qu’il voit comme une campagne “de façon professorale en grand amphithéâtre”. []

Lien Permanent pour cet article : http://vernonpolitique.info/2012/10/bernard-touchagues-lance-sa-campagne-pour-les-municipales-de-2014/

2 commentaires

  1. William

    Bernard Touchagues ne veut pas d’une campagne « politisée et politicienne »

    Ce discours me gène parce qu’il a un relent de “tous pourris” déplaisant. Il n’est pas le seul à se mettre au service de la cité de manière désintéressée.

    S. Lecornu est encarté à l’UMP, J.L. Lecomte au FdG … Ils assument clairement leurs positions et leurs engagements.

  2. beloeil

    Ce que veux dire Mr Touchagues, je le pense, c’est que dans une ville comme Vernon, la politique doit passer après les interêts de la cité, et non pas l’inverse. Mais cela ne veut pas dire que Mr Touchagues délaisse tout idéal politique, au contraire, mais il ne le met pas en avant comme en 2007. Pour simplifier, il se consacre entièrement à une ville qu’il connaît depuis deux décennies, contraiement à Messieurs Lecornu et Lecomte qui veulent faire de Vernon, s’il était élus, un “bastion” de leur parti politique.

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