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Mairie de Vernon : la CFDT très critique, puis fort conciliante

 

De gauche à droite : Christian Pavec, secrétaire général adjoint ; Serge Coeuret, responsable du développement ; Dominique Taddeï, secrétaire général départemental.

De gauche à droite : Christian Pavec, secrétaire général adjoint ; Serge Coeuret, responsable du développement ; Dominique Taddeï, secrétaire général départemental.

 

Début avril, la CFDT tenait réunion sur “le stress au travail” pour les employés communaux, sur fond de conflits avec la CGT dans l’Eure. L’occasion de sévères critiques envers Jean-Luc Piednoir, premier adjoint chargé du personnel, lui aussi membre de la CFDT1.

 

Entre une affluence très faible, des accusations nettes de la part des trois agents venus à la réunion, et des reproches de la CFDT quant aux locaux syndicaux (avant que le syndicat ne revienne sur ses propos), la situation à la mairie de Vernon semble rester délicate, après la conférence de presse tenue par la CGT en décembre dernier.

 

 

Sommaire :

  1. Des syndicalistes “surpris” de la faible affluence
  2. À la mairie, “on est en plein dans la souffrance au travail”
  3. Bisbilles avec Jean-Luc Piednoir autour du local syndical …
  4. …et la CGT qui ne croit pas à la volonté de “travailler ensemble”
  5. La CFDT change radicalement d’avis après sa réunion avec Jean-Luc Piednoir
  6. Local syndical : que dit la loi ?

 

 

 


 

Des syndicalistes “surpris” de la faible affluence

 

2013-06 - CFDT Reunion mairie Vernon

 

La CFDT Fonction Publique (CFDT-FP) organise depuis plusieurs mois des réunions consacrées au stress au travail dans les collectivités locales de l’Eure. Selon Dominique Taddeï, le secrétaire général départemental, “c’est la première fois” qu’il voit aussi peu de personnes à une telle réunion. Sa surprise est encore plus forte compte tenu du fait que “pendant longtemps”, la section CFDT-FP de la ville “tournait bien”2.

 

Les trois présents, qui ont souhaité rester anonymes, expliquent que “beaucoup de gens voudraient bien venir” à cette réunion syndicale, mais qu’ils auraient “peur du chef de service”. Difficile de cacher une absence de plusieurs heures sur son temps de travail…3.

 

 

 


 

À la mairie, “on est en plein dans la souffrance au travail”

 

C’est la conclusion a laquelle a abouti Christian Pavec, le secrétaire général adjoint de la CFDT-FP, après que les trois présents aient formulé des accusations de favoritisme. Entre autres reproches, sont souvent revenus “une mauvaise répartition du travail” entre les employés au sein d’un même service, ainsi que la “peur d’être vus” pour les employés souhaitant se rendre au local syndical4.

 

Dominique Taddéï a alors expliqué qu’il était “resté en retrait jusqu’à présent”, car ayant “toujours eu de bons rapports” avec le premier adjoint au sein du syndicat, sa position “était difficile”. Mais il a incité les trois présents à “tout consigner” car “il faut des faits” et “des écrits”. Il a estimé que sinon, Jean-Luc Piednoir allait “démonter” les observations des syndicats.

 

 

 


 

Bisbilles avec Jean-Luc Piednoir autour du local syndical …

 

Pendant plusieurs dizaines de minutes, c’est autour du local syndical que les présents à la réunion ont discuté. Actuellement, le seul local consacré à ces activités à la mairie est occupé par la CGT, qui refuse l’idée de partager ce local avec un autre syndicat.

 

Serge Coeuret, responsable du développement de la CFDT-FP de l’Eure, a affirmé que selon ce qu’il en avait entendu, “c’était pour emmerder la CGT” que cette proposition avait été faite. Christian Pavec, lui, “comprend” le refus de la CGT : “Tu peux tomber sur un syndicat véreux qui bave tout au patron, il est normal que chacun ait sa boutique”.

 

En conséquence, la CFDT-FP a affirmé qu’elle allait “bouger”, mais surtout qu’elle irait “en justice” si la mairie ne donnait pas des locaux “distincts” aux deux syndicats.

 

 

 


 

…et la CGT qui ne croit pas à la volonté de “travailler ensemble”

 

Lors de la réunion, la CFDT s’est beaucoup exprimée sur la nécessité pour les deux syndicats de travailler de concert sur ces sujets, pourquoi pas “en intersyndicale”. Dominique Taddeï a estimé qu’il fallait que “CGT et CFDT puissent travailler normalement sans être obligés de se battre l’un contre l’autre”.

 

Du côté de la CGT et de Laurent Dupré, le représentant du personnel municipal, le ton se fait critique et désabusé envers la CFDT lorsqu’on lui rapporte ces propos, quelque temps plus tard. Il note en particulier qu’il n’a “pas eu d’échos” du syndicat depuis la réunion du mois d’avril, et se montre très sceptique quant à la volonté de la CFDT de peser.

 

 

 


 

La CFDT change radicalement d’avis après sa réunion avec Jean-Luc Piednoir

 

Contactée après la réunion avec le premier adjoint, la CFDT semble avoir changé d’avis : le syndicat n’a plus de revendications. Ce dernier affirme qu’une solution “a été trouvée” pour le local, dans le cadre d’un “dialogue social” qui s’est “bien passé”.

 

Jean-Luc Piednoir donne le même son de cloche, affirmant que la discussion “entre gens intelligents” a été “fructueuse”. Le local sera “partagé” avec la CGT, chacun ayant son propre ordinateur et son propre casier5. Quant à la “souffrance” au travail, l’adjoint affirme que la CFDT a “reconnu que les droits des agents étaient mieux reconnus qu’il y a cinq ans”.

 

Concernant le local, la CGT estime qu’elle n’a pas à partager son local avec un syndicat qui n’a pas de représentant élu du personnel. Et si la CFDT avait un local séparé, la mairie serait alors “obligée d’en faire cinq” d’après elle, un par syndicat national. CGT et CFDT ne semblent pas prêtes à enterrer la hache de guerre dans le département, et encore moins à Vernon…

 

 

 


 

Local syndical : que dit la loi ?

 

Jean-Luc Piednoir a affirmé qu’il ne pouvait “pousser les murs” pour que chacun ait un local syndical, et que la loi lui permettait de ne proposer qu’un local partagé. De son côté, la CGT assure que la CFDT n’étant pas représentative, elle n’a aucun droit particulier à la mairie de Vernon.

 

L’article 3 du décret n°85-397 du 3 avril 1985, modifié en 2011, va dans le sens des propos tenus par Jean-Luc Piednoir. Sa seule obligation, pour une commune entre 50 et 500 personnels, est bien de proposer un local partagé, même si le décret recommande leur séparation “dans toute la mesure du possible”.

 

Le seuil est de 500 employés pour qu’un local séparé par syndicat soit obligatoire. La mairie de Vernon compte environ 300 agents. Par ailleurs, comme la CFDT est présente au conseil supérieur de la fonction publique territoriale, elle a théoriquement le droit à être présente6.

 

 

  1. Jean-Luc Piednoir est membre de la CFDT Secteur Privé, au titre duquel il est assesseur salarié aux Prud’hommes d’Évreux. C’est la CFDT Fonction Publique qui tenait réunion en avril. []
  2. Rappel : en 2008, seule la CGT a franchi le seul de 10 % des votes des employés communaux. C’est donc le seul syndicat représentant du personnel, du moins jusqu’en 2014 et les prochaines élections syndicales. []
  3. Une absence qui est payée, compte tenu du fait qu’elle s’exerce dans le cadre du travail syndical. Pour la CGT, c’est une pratique illégale car la CFDT n’a pas eu de représentants du personnel élus. []
  4. Le local de la CGT est situé au sous-sol de la mairie de Vernon. Tant la CGT que la CFDT semblent estimer qu’il est préférable que les locaux syndicaux ne soient pas situés dans un endroit trop visible de la hiérarchie. []
  5. En ce mois de juin, Laurent Dupré dit n’avoir toujours aucune nouvelle de cette décision de Jean-Luc Piednoir. []
  6. Le décret ne précise pas si la mairie est alors dans l’obligation de proposer le local aux cinq syndicats nationaux. []

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