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Pas de Mariage Gay Pour les Trois Candidats de la Droite Vernonnaise

La semaine dernière, l’Alliance Vita manifestait contre la mariage homosexuel à Vernon, comme dans 75 autres villes de France. L’occasion de demander leur position aux trois candidats de droite déjà en campagne pour les élections municipales de 2014 : Jean-Luc Miraux, Sébastien Lecornu et Bernard Touchagues.

Je leur ai demandé s’ils étaient favorables à la proposition de loi du gouvernement socialiste en faveur du “mariage pour tous”. Et s’ils accepteraient de célébrer des mariages gays en mairie, un certain nombre de maires de droite ayant fait part de leur refus.

Sommaire :

Jean-Luc Miraux (Vernon Réussite) : “le mot “mariage” ne me semble pas adapté”
Sébastien Lecornu (Générations Vernon, UMP) : “Le communautarisme gay m’exaspère autant que l’homophobie”
Bernard Touchagues (L’Union pour Vernon, Parti de la France) : “Je suis favorable au respect des lois fondamentales de la nature”


Jean-Luc Miraux (Vernon Réussite) : “le mot “mariage” ne me semble pas adapté”

L’ancien maire UMP de Vernon, et maintenant candidat sans étiquette, n’est pas favorable à la proposition de loi socialiste. Toutefois, il approuverait la création d’une union qui, hors de l’adoption, serait similaire au mariage pour les couples homosexuels :

Je suis favorable à ce qu’une union homosexuelle puisse être célébrée en Mairie, y compris par l’organisation d’une cérémonie. […] Je souhaite que cette union officielle fasse l’objet des mêmes règles, et ouvre les mêmes droits et conséquences, que la notion de mariage (y compris les divorces). Cela ne doit pas pour autant ouvrir un droit systématique à l’adoption d’enfants. À titre personnel, je reste réservé sur cette possibilité, mais en tout cas, des procédures contraignantes et au cas par cas, devraient impérativement être menées avec la sagacité qui s’impose.

En ce qui concerne les célébrations en mairie, sa réponse est directe :

Les Maires sont les représentants de l’Etat et à ce titre, appliquent les lois de la République, partagées ou non. Si cette loi est votée, les maires doivent l’appliquer.


Sébastien Lecornu (Générations Vernon, UMP) : “Le communautarisme gay m’exaspère autant que l’homophobie”

S’il ne s’avoue pas encore candidat et définit son rôle comme celui “d’élaborer un projet pour Vernon”, personne ne doute qu’il sera bien investi par l’UMP dont il est le secrétaire départemental adjoint1.

Il est logiquement opposé au projet gouvernemental. Il estime que le texte “mélange trop de choses pour que le débat soit serein”2. Surtout, il s’oppose à l’adoption, et veut conserver telle quelle “une institution qui ne peut se résumer à un régime fiscal” :

Le mariage est dans nos sociétés la base de la construction de la famille. Et une famille se construit entre un homme et une femme…

Dans sa réponse, Sébastien Lecornu affirme refuser “tous les excès de langage et caricatures” au sujet du mariage gay. Et dit avoir “toujours été favorable au PACS”, dont il estime qu’il peut être “amélioré à la marge” vis-à-vis de la sécurité juridique des conjoints (pensions, décès…).

En ce qui concerne la tenue de mariages homosexuels en mairie, sa réponse est identique à celle de Jean-Luc Miraux :

Un élu de la République, officier de police judiciaire, officier d’Etat-civil, se doit de respecter – et de faire respecter – la loi. Si les élus ne montrent pas l’exemple, notre société ne peut fonctionner convenablement. […] Comment demander à des jeunes délinquants de respecter la loi, si le maire ne le fait pas lui-même…

Sébastien Lecornu mentionne également dans sa réponse l’éventualité d’une “clause de conscience” dans la loi, pour permettre aux maires de ne pas célébrer des mariages homosexuels. Il se dit “plutôt hostile” à cette proposition, et “contre tout ce qui permet aux élus et aux différents responsables publics de se défiler devant leur responsabilité”.


Bernard Touchagues (L’Union pour Vernon, Parti de la France) : “Je suis favorable au respect des lois fondamentales de la nature”

Le conseiller municipal, auparavant élu avec l’étiquette FN et aujourd’hui au Parti de la France, mais qui présente une candidature indépendante, va bien au-delà d’une simple opposition à la proposition de loi du gouvernement socialiste. Il rappelle que le mariage est d’abord “un sacrement religieux”, et déplore que le PACS ait “fait perdre au mariage la reconnaissance fiscale de son intérêt pour la nation”.

Surtout, il refuse toute idée d’adoption, qui serait entraînée par la proposition de loi du gouvernement. Un message similaire à celui de l’Alliance Vita lors de sa manifestation :

Le seul objectif de la loi qui se prépare, c’est de permettre aux paires homosexuelles, par définition naturellement stériles, de détenir des enfants. La question pour ou contre le mariage homo n’a donc aucune utilité. […] Je suis donc résolument contre ce sacrifice d’enfants devenus objets au prétexte du « droit pour tous ». […] il est indéniable que tout enfant naît d’un père et d’une mère, et rien ne saurait le priver du droit prioritaire à être élevé par un père et une mère à défauts des siens.

En ce qui concerne la tenue d’une cérémonie en mairie si la loi devrait être voté, Bernard Touchagues affirme qu’il ne s’y opposerait pas. Tout en se réservant le droit d’intervenir lors de tels mariages :

Ce serait improductif de s’y exposer [NdA : à des pénalités et condamnations pour refus de célébration] lorsque l’on a été choisi pour améliorer la vie de ses concitoyens sur des questions essentiellement locales.[…]
Mais le Maire est le célébrant du mariage et en assume la légalité au regard de la loi. Or celle-ci laisse plusieurs opportunités d’opposition active. La cérémonie lui laisse également la possibilité de prononcer un ou deux discours. A lui d’en faire le meilleur usage.

Le candidat, par ailleurs, soutient “bien évidemment” la proposition de Jacques Bompard, le maire d’Orange d’une “clause de conscience” pour les maires.


Mise à jour, 6 novembre : Bernard Touchagues a commenté cet article. Il estime que la manière dont j’ai sélectionné ses propos a “pour effet, je crois, d’en appauvrir le fond et d’en exhauster la forme”. Je publie en conséquence l’intégralité de sa réponse initiale ci-dessous.


Aller plus loin

Dans son édition du 31 octobre, Le Démocrate a demandé aux élus de la CAPE ce qu’ils pensaient de la proposition de loi gouvernementale. Son président et maire UMP de Saint-Marcel, Gérard Volpatti, s’y oppose, estimant que le PACS “était bien”. Le maire socialiste de Vernon, Philippe Nguyen Thanh, s’y dit favorable car “les lois doivent suivre les caractéristiques de la société”.

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