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Logements sociaux rue Benjamin Pied : c’est confirmé

 

Maison Rose (sur la gauche) et square Benjamin Pied.

 

En avril dernier, la suppression du square Benjamin Pied avait fait débat, sans que les projets de la mairie de Vernon n’y soient dévoilés. C’est par l’intermédiaire d’un appel d’offres d’Eure Habitat que l’on apprend aujourd’hui la confirmation de ce qui se murmurait alors : l’implantation d’un immeuble de logements sociaux à la place de ce petit espace vert situé entre l’hôpital et le cinéma.

 

 

Pendant plusieurs décennies, la mairie de Vernon a racheté les maisons qui se vendaient à cet emplacement en bordure de l’hypercentre vernonnais. L’objectif poursuivi ? La création d’un espace vert qui aurait été du parking à l’hôpital Saint Louis. De cet objectif est né le square du même nom. Un square prévu pour s’étendre encore, avec les achats à venir des propriétés attenantes.

 

Changement de cap en avril 2012 : la mairie de Vernon, propriétaire du square actuel et de la “maison Rose” (déjà acquise), annonce qu’elle le supprime administrativement1. Le maire affirme alors devant le conseil qu’il n’a aucun projet pour le square, fermé car “il ne fonctionne pas”, posant des problèmes de sécurité.

 

L’ancien maire Jean-Luc Miraux affirmait alors que le square ferait place à “14 logements sociaux”, d’après ses informations. Il en profitait pour parler de son thème favori, l’absence de transparence, selon lui, de la majorité quant à ses projets. Philippe Nguyen Thanh lui avait répondu d’un air moqueur :

Je veux bien vous éclairer un peu, je vois bien que vos tuyaux sont percés.
[…]
Vous êtes encore plus naïf que ce que je croyais. On ne prévoit pas du tout 14 logements.

 

Ces propos sont aujourd’hui démentis par les faits : le 14 novembre, Eure Habitat a lancé un marché portant sur la démolition puis la construction “d’environ dix logements collectifs performants et de conception économique” rue Benjamin Pied2. C’est le troisième projet de création de logements sociaux en centre-ville depuis 20083. La mairie poursuit donc avec cette décision sa politique affichée de mixité sociale.

 

Square Benjamin Pied.

 

Joint pour des explications, le service de communication s’est montré plus bavard qu’il y a quelques mois. En particulier, il a donné un élément manquant, qui concerne également les logements sociaux de la rue du Grévarin, et offre une autre perspective : les subventions de l’agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU).

 

En effet, les lourdes subventions prévues pour la réhabilitation du quartier des Boutardes ne seront touchées qu’à la condition que ces deux immeubles voient le jour :

En avril, on n’avait encore rien signé avec l’ANRU. L’agence impose du “un pour un” à l’échelle du territoire [NdA : un logement social créé pour tout logement social détruit]. Une partie des logements recréés l’étaient sur le site de la caserne Fieschi, mais avec les retards de ce dossier, il a fallu trouver des palliatifs [NdA : car l’ANRU se place dans un cadre temporel qui se termine avant le projet de ZAC].

 

C’est ainsi qu’est d’abord né le projet au Grévarin. Mais il manquait toujours 14 à 16 logements pour que le compte soit bon :

Dans les premiers temps, la Secomile voulait y aller, et Saint Marcel était d’accord pour trouver des terrains, mais les deux partenaires se sont ensuite désengagés. Le risque financier était lourd : sur cette base-là, on a regardé ce dont la ville disposait.

 

Le service de communication rappelle par ailleurs que le terrain n’est pas encore vendu à Eure Habitat, ce qui relativiserait l’appel d’offres :

Actuellement, on est au milieu du gué [NdA : pas de communication sur le projet avant que tout ne soit signé]. Il y a peut-être eu un accord verbal du maire pour lancer le projet, il est aussi président d’Eure Habitat [NdA : il est en fait vice-président]. Sa volonté est peut-être de passer le terrain à Eure Habitat en tenant compte des réserves habituelles liées à la nature des sols [NdA : comme une zone archéologique].

 

Selon l’appel d’offres de Eure Habitat, qui se termine le 7 décembre, les travaux sont prévus pour durer sept mois. L’immeuble ne devrait donc pas voir le jour avant la fin de 2013 (au minimum). La proximité avec les élections municipales n’aura pas échappé aux lecteurs…

 

 

 


 

Aller plus loin

 

Article sur la désaffectation du square, en avril dernier : Le square Benjamin Pied supprimé à Vernon

 

Article sur l’histoire du square (avec une carte interactive), et de celui qui lui a donné son nom : Benjamin Pied, illustre Vernonnais

 

Article sur les projets publics et privés de construction de logements lancés en 2012. Informations sur la maison de la Tour et l’immeuble prévu rue du Grévarin : En 2012, quatre immeubles sortiront de terre à Vernon

 

 

  1. Le square Benjamin Pied lui-même était déjà fermé depuis plusieurs mois. []
  2. Une information signalée par le groupe politique de Bernard Touchagues, l’Union pour Vernon. Elu depuis 1995 au conseil municipal avec l’étiquette FN, maintenant candidat indépendant pour 2014. Bernard Touchagues était, en avril, opposé à la suppression du square : “Un square vert, tranquille et protégé est un lieu de repos pour ceux qui fréquentent l’hôpital. C’est aussi un lieu de vie, avec le cinéma et trois restaurants à proximité.” []
  3. Les deux autres projets sont la maison de la Tour, dont les travaux, très en retard, devraient commencer dans quelques mois. Et le projet de logements au Grévarin, également à côté de l’hôpital. Quant au projet rue Adolphe Vard, il a été lancé lorsque Jean-Luc Miraux était maire. []

Lien Permanent pour cet article : http://vernonpolitique.info/2012/11/logements-sociaux-rue-benjamin-pied-cest-confirme/

2 commentaires

  1. RAOULT E.

    Bonjour M. Guémart. On est tellement amnésique à Vernon ( l’équipe du Démocrate vient, en outre, de se renouveler !!!…) que dans son numéro d’aujourd’hui 28 novembre, on parle de “friche”, à propos du joli petit square Benjamin Pied.
    Il n’avait qu’un défaut, son exiguïté : Vernon manque d’espaces verts. C’est pourquoi la mairie, en 2000, sous la mandature de M. Asphe, avait acheté la maison voisine, “Rose”, qu’il convenait de démolir pour que les enfants aient un espace récréatif plus conséquent. M. Touchages, à l’époque, rechigna.
    Douze ans plus tard, M. Touchagues rechigne toujours, à propos de constructions au même endroit. C’est une manie, de rechigner. Quant à M. Miraux qui a pris la suite de M. Asphe, il n’a rien fait du tout.
    Depuis 2008, les espaces verts sont aux mains de J.-L. Lecomte qui n’accepte que les friches (où passe donc l’argent du service autrefois dirigé par M. Thibaut Beauté ?)
    Ayant supprimé le Round up et l’arrosage, quel gain en a retiré la mairie ? Et combien va coûter, finalement le remplacement des arbres de l’avenue Montgomery, qui ont bel et bien crevé en 2011 pendant la sécheresse ? Quelles économies réalisées pour les semis de capucines et autre fleurettes dites “de jachère ” , jamais sarclées?
    Faute d’avoir eu des chiffres l’an dernier, sur le coût des primaires socialistes pour les Vernonnais, on aura peut-être cette année le bénéfice pour le service de M. Lecomte, lié à la politique des friches (et des nids de poules…).

  2. Loris Guémart

    @RAOULT E. :

    Je crois que le seul intérêt de la suppression des herbicides est de nature écologique : il s’agit d’éviter que ces herbicides ne se retrouvent dans les nappes phréatiques qui affleurent sous le sol vernonnais (et c’est par ailleurs une politique très répandue en Allemagne et dans les pays du Nord de l’Europe, les herbes folles n’étant pas rares dans les interstices du bitume de Berlin, par exemple). Bref, je ne crois pas qu’un quelconque gain financier était attendu de ce changement (qui nécessite par ailleurs de mobiliser du personnel pour désherber par le feu).

    A propos de l’arrosage, je n’étais pas au courant : mes seules informations concernent le choix de plantes moins sensibles au manque d’eau pour les plates-bandes et autres aménagements paysagers. Et je dois avoir des problèmes de vision, car je n’avais pas remarqué la mort des arbres avenue Montgomery.

    Mais on s’éloigne là du sujet de cet article. Je garde cependant en mémoire vos propos, à ressortir en temps utile.

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